Domingo, 02 de diciembre de 2007
EL PRINCIPITO Y EL ZORRO
El Principito de Antoine Saint Exup?ry - Cap?tulo 21



??Qui?n eres? ?dijo el principito?. Eres muy lindo...
?Soy un zorro ?dijo el zorro.
?Ven a jugar conmigo ?le propuso el principito?. ?Estoy tan triste!...
?No puedo jugar contigo ?dijo el zorro?. No estoy domesticado.
??Ah! Perd?n ?dijo el principito. Pero despu?s de reflexionar agreg?
??Qu? significa domesticar?
?No eres de aqu? - dijo el zorro al principito -. ?Qu? buscas?......
?Busco amigos - dijo el principito - ?Qu? significa "domesticar"?
?Es una cosa demasiada olvidada ? dijo el zorro- Significa ?crear lazos?.
?Crear lazos?

?S? - dijo el zorro-. Para m? no eres todav?a m?s que un muchachito semejante a cien mil muchachitos. Y no te necesito. Y t? tampoco me necesitas. No soy para ti m?s que un zorro semejante a cien mil zorros. Pero, si me domesticas, tendremos necesidad el uno del otro. Ser?s para m? ?nico en el mundo. Ser? para ti ?nico en el mundo.....
?Empiezo a comprender - dijo el principito -. Hay una flor... Creo que me ha domesticado...
?El zorro call? y mir? largo tiempo al principito:
??Por favor... domest?came!- dijo.
?Bien lo quisiera ?respondi? el principito? pero no tengo mucho tiempo. Tengo que encontrar amigos y conocer muchas cosas.
S?lo se conocen las cosas que se domestican ?dijo el zorro?. Los hombres ya no tienen tiempo de conocer nada. Compran cosas hechas a los mercaderes. Pero como no existen mercaderes de amigos, los hombres ya no tienen amigos. Si quieres un amigo, ?domest?came!....

?El principito se fue nuevamente a ver a las rosas:
No sois en absoluto parecidas a mi rosa: no sois nada a?n ?les dijo?. Nadie os ha domesticado y no hab?is domesticado a nadie. Sois como era mi zorro. No era m?s que un zorro semejante a cien mil otros. Pero yo le hice mi amigo y ahora es ?nico en el mundo.
?Y las rosas se sintieron bien molestas.
?Sois bellas, pero est?is vac?as ?les dijo todav?a?. No se puede morir por vosotras. Sin duda que un transe?nte com?n creer? que mi rosa se os parece. Pero ella sola es m?s importante que todas vosotras, puesto que es ella la rosa q quien he regado. Puesto que es ella la rosa quien puse bajo un globo. Puesto que es ella la rosa cuyas orugas mat? ( salvo dos o tres que se hicieron mariposas ). Puesto que es ella la rosa quien escuch? quejarse, o alabarse, o a?n, algunas veces, callarse. Puesto que ella es mi rosa.

?Y volvi? hacia el zorro:
?Adi?s, dijo.
?Adi?s ?dijo el zorro?. He aqu? mi secreto. Es muy simple: no se ve sino con el coraz?n. Lo esencial es invisible a los ojos.
Lo esencial es invisible a los ojos ?repiti? el principito?, a fin de acordarse.


El tiempo que perdiste por tu rosa hace que tu rosa sea tan importante.
El tiempo que perd? por mi rosa... ?dijo el principito?, a fin de acordarse.
Los hombres han olvidado esta verdad ?dijo el zorro?. Pero t? no debes olvidarla.
Eres responsable de tu rosa...
Soy responsable de mi rosa... ?repiti? el principito?, a fin de acordarse.

CHAPITRE XXI
C'est alors qu'apparut le renard:

- Bonjour, dit le renard.

- Bonjour, r?pondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.

- Je suis l?, dit la voix, sous le pommier.

- Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli...

- Je suis un renard, dit le renard.

- Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste...

- Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivois?.

- Ah! pardon, fit le petit prince.

Mais, apr?s r?flexion, il ajouta:

- Qu'est-ce que signifie "apprivoiser" ?

- Tu n'es pas d'ici, dit le renard, que cherches-tu ?

- Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu'est-ce que signifie "apprivoiser" ?

- Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C'est bien g?nant ! Ils ?l?vent aussi des poules. C'est leur seul int?r?t. Tu cherches des poules ?

- Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu'est-ce que signifie "apprivoiser" ?

- C'est une chose trop oubli?e, dit le renard. ?a signifie "cr?er des liens..."

- Cr?er des liens ?

- Bien s?r, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit gar?on tout semblable ? cent mille petits gar?ons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable ? cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...

- Je commence ? comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur... je crois qu'elle m'a apprivois?...

- C'est possible, dit le renard. On voit sur la Terre toutes sortes de choses...

- Oh! ce n'est pas sur la Terre, dit le petit prince.

Le renard parut tr?s intrigu? :

- Sur une autre plan?te ?

- Oui.

- Il y a des chasseurs, sur cette plan?te-l? ?

- Non.

- ?a, c'est int?ressant ! Et des poules ?

- Non.

- Rien n'est parfait, soupira le renard.

Mais le renard revint ? son id?e:

- Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m'ennuie donc un peu. Mais, si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleill?e. Je conna?trai un bruit de pas qui sera diff?rent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu vois, l?-bas, les champs de bl? ? Je ne mange pas de pain. Le bl? pour moi est inutile. Les champs de bl? ne me rappellent rien. Et ?a, c'est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivois? ! Le bl?, qui est dor?, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le bl?...

Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince:

- S'il te pla?t... apprivoise-moi ! dit-il.

- Je veux bien, r?pondit le petit prince, mais je n'ai pas beaucoup de temps. J'ai des amis ? d?couvrir et beaucoup de choses ? conna?tre.

- On ne conna?t que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien conna?tre. Ils ach?tent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi !

- Que faut-il faire? dit le petit prince.

- Il faut ?tre tr?s patient, r?pondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ?a, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'?il et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus pr?s...

Le lendemain revint le petit prince.

- Il e?t mieux valu revenir ? la m?me heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, ? quatre heures de l'apr?s-midi, d?s trois heures je commencerai d'?tre heureux. Plus l'heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, d?j?, je m'agiterai et m'inqui?terai; je d?couvrirai le prix du bonheur ! Mais si tu viens n'importe quand, je ne saurai jamais ? quelle heure m'habiller le c?ur... Il faut des rites.

- Qu'est-ce qu'un rite ? dit le petit prince.

- C'est aussi quelque chose de trop oubli?, dit le renard. C'est ce qui fait qu'un jour est diff?rent des autres jours, une heure, des autres heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux ! Je vais me promener jusqu'? la vigne. Si les chasseurs dansaient n'importe quand, les jours se ressembleraient tous, et je n'aurais point de vacances.

Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l'heure du d?part fut proche:

- Ah! dit le renard... Je pleurerai.

- C'est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t'apprivoise...

- Bien s?r, dit le renard.

- Mais tu vas pleurer ! dit le petit prince.

- Bien s?r, dit le renard.

- Alors tu n'y gagnes rien !

- J'y gagne, dit le renard, ? cause de la couleur du bl?.

Puis il ajouta:

- Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d'un secret.

Le petit prince s'en fut revoir les roses:

- Vous n'?tes pas du tout semblables ? ma rose, vous n'?tes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivois? et vous n'avez apprivois? personne. Vous ?tes comme ?tait mon renard. Ce n'?tait qu'un renard semblable ? cent mille autres. Mais j'en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.

Et les roses ?taient bien g?n?es.

- Vous ?tes belles, mais vous ?tes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien s?r, ma rose ? moi, un passant ordinaire croirait qu'elle vous ressemble. Mais ? elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c'est elle que j'ai arros?e. Puisque c'est elle que j'ai mise sous globe. Puisque c'est elle que j'ai abrit?e par le paravent. Puisque c'est elle dont j'ai tu? les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c'est elle que j'ai ?cout?e se plaindre, ou se vanter, ou m?me quelquefois se taire. Puisque c'est ma rose.

Et il revint vers le renard:

- Adieu, dit-il...

- Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est tr?s simple: on ne voit bien qu'avec le c?ur. L'essentiel est invisible pour les yeux.

- L'essentiel est invisible pour les yeux, r?p?ta le petit prince, afin de se souvenir.

- C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.

- C'est le temps que j'ai perdu pour ma rose... fit le petit prince, afin de se souvenir.

- Les hommes ont oubli? cette v?rit?, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivois?. Tu es responsable de ta rose...

- Je suis responsable de ma rose... r?p?ta le petit prince, afin de se souvenir.



Tags: Principito; Saint Exupéry

Publicado por carmenlobo @ 11:05  | Literatura
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