Mi?rcoles, 20 de diciembre de 2006

PERMANENCIA
Gioconda Belli




Duro decir:
Te amo,
mira cuánto tiempo, distancia y pretensión
he puesto ante el horror de esa palabra,
esa palabra como serpiente
que viene sin hacer ruido, ronda
y se niega una, dos, tres, cuatro, muchas veces,
ahuyentándola como un mal pensamiento,
una debilidad,
un desliz,
algo que no podemos permitirnos>

-ese temblor primario
que nos acerca al principio del mundo,
al lenguaje elemental del roce o el contacto,
la oscuridad de la caverna,
el hombre y la mujer
lamiéndose el espanto del estruendo-

Reconocer
ante el espejo,
la huella
la ausencia de cuerpos entrelazados hablándose.

Sentir que hay
un amor feliz
enjaulado a punta de razones,
condenado a morir de inanición,
sin darse a nadie más
obseso de un rostro inevitable.

Pasar por dias
de levantar la mano,
formar el gesto del reencuentro y arrepentirse.
No poder con el miedo,
la cobardía,
el temor al sonido de la voz.
Huir como ciervo asustado del propio corazón,
vociferando un nombre en el silencio
y hacer ruido,
llenarse de otras voces,
sólo para seguirnos desgarrando
y aumentar el espanto
de haber perdido el cielo para siempre.


UNE PERMANENCE
Fort dire :
Je t'aime, il(elle) regarde combien de temps, une distance et une prétention j'ai mis devant l'horreur de ce mot, de ce mot comme du serpent qui vient sans faire de bruit, une ronde et un, deux, trois, quatre nie, plusieurs fois, en la chassant comme une mauvaise pensée, une faiblesse, une glissade, quelque chose que nous nous ne pouvons pas permettre>
- ce tremblement primaire que nous qui nous rapproche au début du monde, au langage élémentaire du frottement ou le contact, l'obscurité de la caverne, l'homme et la femme lamiéndose la frayeur du fracas-
Reconnaître devant le miroir, la trace l'absence de corps entrelacés en se parlant.

Sentir qu'y a l'amour heureux enjaulado à une pointe de raisons, condamné à mourir d'une inanition, sans n'être donné à personne plus obsédée d'un visage inévitable.

Passer par des jours de lever la main, de former le grimace de la rencontre et de se repentir.
Ne pas pouvoir avec la peur, la lâcheté, la crainte le son de la voix.
Éviter comme cerf eu peur du propre coeur, en vociférant un nom(nombre) dans le silence et faire un bruit, se remplir d'autres voix, seulement pour continuer de déchirer et augmenter la frayeur d'avoir perdu le ciel pour toujours.


Publicado por carmenlobo @ 10:03  | Poesia Sensual
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